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Lionel NKODIA

La scène


La plaine qui me servait de refuge
Ne présentait plus aucune allure

Au crépuscule je la contemplais s'en allant
Le concert des oiseaux finissant

Un drap sombre happait le lit de la rivière
Son courant mort filait délétère

Je perçevais l'éclosion des lilas
On aurait dit que pour elles le jour commença

Ma solitude s'arrêtait à ces encablures
Je parlais le langage de la rivière le langage des parures

Les belles heures d'une journée sont aussi les plus amères
L'amour si puissant fusse-t-il reste éphémère

Il n'est jamais accompli
Il n'est jamais assouvi

Et quand ses yeux se referment
Les nôtres dans des vagues de sanglots se perdent

L'image d'une vie qui s'en va
D'une vie emportant la nôtre dans l'au delà

L'air d'un souffle l'air d'un courant
Comme un chant de cygne la rivière pleurant

A l'apparition de l'étoile naissait en moi son visage
La constellation reflètait son image

Comme un mage j'attendis son appel
La nuit bleue m'enveloppait

J'entrevis alors ses yeux de diadèmes
Ses yeux devenus mon invisible totem

Cette âme sublime dont la rivière fit ma raison d'être