Soir   

La nuit fraîche et douce,
Et sa lune rousse,
Me bercent dans la rosée.
Un papillon noir,
Noir comme l'espoir
Sur ma tête s'est posé.
Des arbres fruitiers,
Des tamariniers,
Décoiffés par la rafale.
Le ciel est blessé.
Son sang a foncé,
Sa teinte marbrée se voile.

Mille lucioles
Volent comme folles.
Un nuage étincelant
Couvre les ruisseaux
Et les arbrisseaux,
D'un rayon mirobolant.
Les insectes dansent.
Les étoiles pensent.
La terre est pleine de vie.
La voûte céleste
Inerte, modeste
A su peindre l'infini.

On perçoit dans l'air
Le rythme binaire
De mon coeur dans ma poitrine.
Il lance des ondes,
Des ondes profondes
Dans l'univers bleu marine.
Mon corps étranger
Essaie d'émerger
De ce royaume utopique
Ce pays qui luit,
Et s'épanouit.
Même vrai, paraît magique.