Sublime désarroi.   

Je croyais me connaître,
Quand j'ignorais tout de moi.
Ne rien savoir de l'être,
Ce délicieux désarroi.
Accepter l'ignorance,
Aux questions des intuitions,
Goûter l'inconnaissance
Des jouissances sans nom.

Dieu se pourrait-il encore,
Dans les recoins de science?
Dans une glande du corps,
Sublime amère absence.
Ne pas savoir et vivre
Les supplices des amours,
Les bonheurs à être ivre
De cet aller sans retour.

Dans les trous de conscience,
L'oubli trace les contours
Du rapport aux croyances,
Pour caresser les toujours.
Jouir nous laisse sans vie,
Le temps dans une brèche
De la lumière des envies,
Que nos plaisirs allèchent.

Accepter le non savoir.
Répondre je ne sais pas
Aux impasses du vouloir.
Devant l'écran agrégat
De l'histoire en images,
Arlequin d'appétence,
Couleurs de beaux mirages,
Chevelure de l'errance.

Je croyais me connaître.
Je ne saurai pas pourquoi
Un jour je vins à être
Au sublime désarroi.