Vos
poèmes

Poésie Française : 1 er site français de poésie

Vos<br>poemes
Offrir
ce poème

Jean Louis BESSIERE

Les Illusions perdues.

Peuple toi qui grava les trois mots argentés
Inscrits sous le ciseau au front des bâtiments
Afin de faire honneur aux preneurs de bastilles
Ont-ils été troqués pour un plat de lentilles
Entre la liberté vouée au faux serment
Et le vœu pieu d’antan prisant l’Egalité…

La fête bat son plein au quatorze juillet
Au jardin d’Elysée la sommité banquette
Le meilleur cru rougit le Lalique en cristal
Et si la fleur de lys a perdu ses pétales
Si le bonnet phrygien ne couvre plus les têtes
La république trinque de son bras séculier
Aux tablées s’agglutine une gent éminente
Grisée de ces nectars issus de nobles treilles
Versés sans retenue par un flot d’échansons.
Le met le plus goûteux se répand à foison
A rendre un peu jaloux la cour du roi soleil,
France ton destrier se meut en rossinante.

Vous les verrez manants à l’ode quinquennale
Juchés sur un radeau très à contre courant
Vous offrir un éden, la lune et ses quartiers
L’iris de l’arc-en-ciel promis par pans entiers,
Tout en vous révélant, sous vos propres auvents
Prétendre éclabousser l’ombre du général.
Ils viendront sur un fond de registre émouvant
Bâtir un château fort aux fondations de sable
Que viendra ravager la moindre vaguelette,
N’engagez donc jamais vos voix à l’aveuglette
Préservez nos frontons d’idées irresponsables
Où s’en viennent nicher grue ou engoulevent.

J’entends déjà d’ici leurs paroles parjures
Vociférées au nœud de leur langue de bois
Sortant d’un chapeau claque un fatras d’illusions
Décuplant sans vergogne une idée d’occasion.
Loup cervier de Vigny à jamais aux abois
Aurais-tu survécu jusqu’à point de rupture ?
En ont-ils oublié l’écho du ça ira
La cohue révoltée, celle que l’on fusille
Et de ces bouches en roue de paon
Les mots s’enlisent à nos dépens,
A force d’errements la confiance vacille
L’homme n’écoute plus parler Zarathoustra.

Au coeur de leurs fêtes galantes,
Lance ton flot de bactrioles
Luisant en tes yeux d’orpailleur
Sur un parcours d’ailleurs meilleur
Tamisant les eaux du Pactole
De croyances mirobolantes.
Faubourg St. Honoré jouxtant la rue du Cirque
A force de confier tous mes espoirs déçus
Au théâtre guignol le peuple impoli tique
A force de subir son lot de coups de trique
Mes yeux vers l’horizon ne se bleuteront plus
Où se sont envolées les pensées chimériques

Et les « fautes de goût que je ne commets plus »