TGV (12 mai 2010)
Paris d’avant, Paris devant
Solutré noyée dans la brume,
Soligny de mon frère lointain,
Traînes d’orage, ciels lavés…
Derrière la vitre sans tain
Sans bruit les souvenirs
Franchissent le mur du temps.
Immensément douce et bleue soudain,
La lumière embrasse le monde
Et sur la poitrine innocente
De la jeune fille d’en face
Rayonne la courbe d’un sein.
Dedans, mon cœur anachronique
Frappe à des portes closes.
Dehors, sur les collines qui soupirent,
L’opale bleue de la lumière de juin
Caresse les mêmes courbes.
Le Temps à Grande Vitesse file vers Paris.


