Voix océanes (sonnet)



Sous les nuages noirs, l’eau s’enfle et se déchire
Dans le creux des remous arrachés par le vent.
Zeus, en Maître des flots, pour ce ballet mouvant,
Se pare des atours indécents du vampire.

Comme un fauve exalté lorsque la proie expire,
Par dessus l’horizon, au miroir du Levant,
Eole s’époumone en chevalier servant,
Quand la vague au ressac se cabre et se retire.

Les Goélands du large en vols majestueux,
Sur les bords incertains du gouffre impétueux,
Glissent dans le fracas des voix de l’Atlantique.

Dans ce tableau parfait que l’écho seul trahit,
Le souffle de la vie aborde le mystique;
Le chant de l’océan me berce et m’envahit