L'oiseau blanc


Voici que dans l’écume incertaine des songes
L’oiseau blanc est venu se poser doucement
Et sur le grand rouleau qui s’écroule et qui plonge
Il nous semble immobile et serein, librement.
Lorsque la nuit se glisse en accent circonflexe
Hantant l’espace mort laissé par les vivants
Le ciel peut basculer dans un dernier réflexe
Et ne plus apparaître à la case d’avant.
Sous l’épaisse carcasse où le divin s’enlise
Une chose est certaine : imperturbablement
La ronde continue et « La lettre à Elise »
Sera toujours du bal : punis-moi si je mens !
Nous voici sur l’écueil sans avoir vu la chose ;
L’oiseau, lui, la connaît, alors subséquemment,
Gardons-nous de couper les épines des roses,
De la vie écoutons le ressac, seulement.

La vague se replie au rythme du pendule,
Mais tout reste immobile irrémédiablement.
Où veut-il en venir ? Je vous sens incrédules...
A cette ambiguïté du destin justement.