L'aube muette


Ô matin qui revient sur la lande des nuits
Dans le tumulte sourd remontant de la Terre,
Des rives du passé jusqu’au fond de la mer
Fondu sur un linceul le rêve s’évanoui.
Sans que vienne sur l’âge un déluge d’ennuis
Nous devons de l’amour éclairer le mystère ;
Aux portes du grand vide où s’attarde l’enfer,
Il faut se contenter de ce que l’on poursuit.
Homme, alors, à quoi bon vouloir ce qui s’enfuit ?...
Ce temps là n’est pas sûr lorsque lui seul opère,
La valse tourne trop si le vin est amer
Quand il est répandu sur le sable du puits.
Dans les reflets trompeurs une onde s’épanouit ;
Maintenant que tu vois le fond du baptistère,
évite les couloirs des sombres ministères
Pars au loin du système et tout ce qui s’en suit.

Ne te laisse pas prendre au discours qui séduit
De ceux qui jouent ton nom en noir passe et impair ;
Prends ce qui t’appartient et garde tes repères :
- « Va sans te retourner, l’aube passe sans bruit… »