Dissonnances



La grisaille des jours et le silence étroit
Nous gardent endormis sans le moindre remords
Avec le sentiment que nous est dû le droit
De posséder le monde aux dépens de son sort
Les Titans éternels surveillent le troupeau
Comme aux antiques soirs de nos vieilles croyances
Bien au dessus des dieux ils mènent leur bateau
Vers l’au-delà des peurs et de nos dissonances
Nul doute que le diable avec ses doigts fourchus
Se terre dans son feu comme un pauvre bonhomme
Les anges savez-vous depuis longtemps déchus
Ont fait de leur journal un torchon ou tout comme
Alors n’espérez pas le retour d’un messie
Le moule s’est brisé sur la première aurore
Il n’en reste plus rien qu’un lambeau de vessie
Qu’une pâle lanterne éclaire un temps encore

Ô mystère des nuits aux vies entrechoquées
Le murmure du vent est devenu fragile
Sur l’écheveau de l’heure en mort alambiquée
Il nous reste un silence à combler : …difficile !



Tiré des "Pensées limitrophes" 2000-2006