Au diable !


Dans ce jour qui naîtra sur les braises du monde,
Lorsque les déités par le sang réunies
Auront dans le trop plein des rives moribondes
Vomi comme des porcs sur la cendre des nids ;
Le soleil sera bleu, vert ou rouge peut-être,
Avec mille reflets au bord des océans.
Sous l’horizon obscur brûleront gueux et maîtres,
Dans le creuset d’airain des forges du Néant.
D’autres lunes viendront sur des moissons nouvelles
Et la Terre, libre enfin pour des milliards d’années
Voguera dans le flot des mers intemporelles
Jusqu’au rivage blanc d’une autre destinée.
Vivre l’instant précis en oubliant nos âmes,
Loin des bruits du canon, des dogmes fallacieux,
Car il n’est pas certain que sous les oriflammes
Coulent l’eau et le miel au pays mystérieux

Prêcheurs de boniments faites nous cette aumône
De laisser au placard vos dieux et leurs conflits ;
Allez brailler ailleurs vos versets ou vos psaumes :
- Maintenant c’est assez ! Allez, oust ! Ça suffit !