Des mots en l'air

Mon miroir
Je l’observe depuis si longtemps,
Que je ne me suis pas aperçu
Qu’il vieillit mes traits
À la rapidité de l’éclair

Mes yeux,
Je n’en distingue plus
Que l’ombre que fait la cavité osseuse
Lorsque le soleil frappe.

Mon miroir
Je lui parle quelquefois,
Mais il me renvoie le mouvement muet
De mes lèvres
Contre la paroi de mes oreilles.
En fait, il est sourd.
C’est mon miroir.
A force de m’y observer,
J’ai fini par m’y projeter,
Et je suis resté gravé dedans,
Comme momifié.