J'ai gardé la trace du baiser dans mon sang

L'outrage de la neige n'a pas effacé
La trace du baiser dans mon sang
Amicalement tien
Depuis bientôt cinq ans
Que l'écume des nuits
Lave mes yeux à grands seaux
Je reviendrai vers toi
Le poème frétillant
Dans ma main
Mais toujours inachevé
Je reviendrai vers toi
Caillou au verbe douloureux
Cachant cette blessure
Au côté gauche
Que m'a infligée l'hiver
Je reviendrai vers toi
Mon bivouac mon reposoir
A la multitude de mains
Pour une étreinte d'arbre à pain
Sous la cendre
Je reviendrai vers toi
Pour un baiser d'avocat
Et de pain chaud
Je reviendrai vers toi
Mon rempart ma dernière chance
Pour une goutte de clairin
Dans mes veines attristées
Par la grisaille de fatigue
Qui me fait la grimace
Depuis cinq années
Je reviendrai vers toi
Et je trouverai les mots
Pour achever le poème
Et te nommer Haïti chérie

Mont-Saint-Aignan, Mai 2009