Oraison

Dans le grand bleu, des matelots hagards suspendus
Aux mats du navire, épars, se crucifient
Emmaillotés dans les noeuds ensevelis
De leurs cordages d'encre tordus.

Et des étoiles de mer jonchant en amont la grève
Se prosternent ressuscités par les vagues écumantes
Et tout en haletant des plumes sanglantes
Esquissent le spectre d'une ultime treve.

Et les braises pourpres des nuits ténébreuses
Témoins solennels d'une oraison houleuse
S'éteignent étouffées dans un silence pesant
Rendant l'ame dans un silence profond.