Terrasse avec vue

Tel l’animal captif sortant de sa prison
J’aime, moi aussi, m’évader de mes cloisons.
J’étouffe, l’air est trop lourd à l’intérieur,
Alors, j’accède à ces quelques mètres carrés de bonheur.

Là-bas, je rêvasse emporté par la profondeur de l’horizon
Loin au dessus de ce monde en perpétuelle agitation.
Tout est calme, rien ne bouge sur cette dalle de béton,
Sauf la couleur des arbres changeant au rythme des saisons.

Cette existence heureuse est le reflet d’une vie cachée,
Dans un endroit idyllique où le temps semble s’arrêter.
L’aiguille est immobile à l’image de cette colline figée,
Où quelques somptueuses villas fantômes viennent se nicher.

Si je le pouvais, je demeurerai immobile en ces lieux
Il ne m’en faudrait guère plus pour être heureux.
Mais on m’obligera bien à redescendre pour travailler
Fatalement, la contrainte ne me laissera jamais tomber.