Le patient de l’ennui

Qui même n’a jamais pressenti
Qu’une partie notre existence est bâtie d’ennui ?
Souvent blotti au fond d’un gouffre de l’esprit
Nous parvenons à oublier la précarité de nos vies.

Dans l’attente d’une mort certaine,
Nous nous laissons facilement assassiner
Par les limites qui nous contraignent
A l’image des bêtes bien apprivoisées.

Nous pensons maîtriser notre existence
Mais enchainé à tant de liens,
Nous ne goûtons que rarement à l’insouciance.
Au fond, la société nous tire comme le maître tire son chien

Nous connaissons les causes de notre malheur,
Mais confronté à l’engrenage de la masse,
Nous nous cantonnons à nos pleurs,
En attendant simplement que le temps passe.