Les sueurs de l'automne   

Racontez-moi la pluie un lundi de septembre.
Abrutis par l'ivresse, abscons, raconte-nous
Les sueurs de l'automne entrant dans notre chambre.

Par-dessus les gravats du garage Chagnoux,
Par-dessus la carcasse aux aubes gémissantes ;
Au lobe de l'oreille, écoutons les binious

Qui pleurent sur les toits des eaux javellisantes
Où les brises du ciel aux semelles de plomb
Frisent dans le miroir des tempes vieillissantes.

Terre de l'avenir ronde comme un melon,
Comme si les pépins aux cailloux des rivières
Apparaissaient alors avec de l'or au fond.

De rêves endormis pendant des nuits entières,
De vos yeux de soleil sur des feuillages d'or,
Petites et petit, bâtissez ma litière !

Dans un recoin ; Peut-être un bout de corridor !
Entre le ras du sol, les grandes herbes fraîches...
Par la sente des vents du plateau de Retord

Les jours post-automnaux s'infiltrent dans les brèches.
Les bises de la vie et les bourrasques n'ont
Dénudé mes pieds que de charentaises rêches.

Sur la mare de cire où glissent vos prénoms
Mes leurres de guingois, pitoyables approchent
La coque de noix vide aux lippes des guenons.

Qu'aurais-je à vous donner ? Les doigts, engourdis, crochent
Maladroits, le tissu des coudes du poussoir
Où vos petites mains, pleines d'amour, accrochent
Le linceul de mon coeur aux épingles du soir.