Mélancolie

Mélancolie, j'écris ton nom, en cette longue litanie,
Des Ires dans les tréfonds de mon âme infinie,
Héphaïstos attise les feux de mes volcans,
Torrents de laves incandescentes, le sang,
Le sang bouillonne en moi telle une source en colère,
Me laissant dans la bouche un goût amer,

Noirs desseins que sont les miens, enfin,
Destinée tracée de chemins sinueux, sans fin,
Atlas peut porter le monde sur ses épaules,
Rien ne peut remplacer nos mains qui se frôlent,
Rien ni même Bélérophon ne saurait vaincre mes Chimères,
Cette passion me déchirant en dedans, brûlant mes chairs,

Les nues transpercent les cieux de leurs éclairs,
Les mues du Temps gardent force et tendresse,
Le chant des cascades, la ballade des cours d'eau,
Rien, non rien n'est vraiment plus beau que tes yeux à demi
clos,
Ton sourire luminescent, tes yeux de perle ou de gemme,
Font de toi, Zeus m'est témoin, mon enivrante et sublime
reine,

Alors quoi ! Quel est ce dénouement, où est le prodige ?
A quoi bon ! ma peine fait écho à cette lumière ineffable,
L'empyrée s'assombrit de ce terne et lugubre prestige,
Firmament de mon coeur, rien, non rien n'est comparable
A ce qu'il peut y avoir de connu, Aphrodite elle-même,
Entourée de Vénus ou Cupidon, ne peut dulcifier ma peine