La Belle et le Galant (Fable)
Par une soirée de neige, quand vient la nuit tombée,
Un galant presse le pas pour rejoindre sa belle.
Dans sa hâte enfiévrée il a tout oublié,
Il prendra au passage une fleur sous la tonnelle !
Sa dulcinée l’attend, divine jouvencelle,
La nuit s’annonce tendre, leurs caresses immortelles !
Sous ses doigts affolés courant sur sa poitrine,
Il cueillera le fruit de la douce divine !
Près du vieux banc de bois elle est là qui attend,
Sa peau de velours pâle a la douceur des roses,
Ses yeux s’abaissent pudiques, les paupières demi closes
Un sourire d’angelot dans un visage charmant !
Le galant empressé veut embrasser la belle,
Il serre contre son cœur l’objet de ses désirs,
Ses baisers sont brûlants, son étreinte charnelle !
Il rêve de la passion de cette nuit à venir !
Par son emportement le galant exaspère
La douce et belle enfant qui ne s’attendait guère,
A voir son Prince charmant transformé en goret,
Et d’un revers de main lui adresse un soufflet !
Faisant virevolter sa cape, de givre poudrée,
L’amoureuse déçue s’en retourne irritée !
Le galant éconduit pose sur sa joue rougie
Une poignée de neige pour ôter l’avanie !
Gentilshommes ou galants croyez-en l’expérience,
En toute chose rien n’est jamais gagné d'avance,
N’oubliez surtout pas que sous sa cape d’hermine,
La plus douce des roses peut cacher des épines !
Novembre 2006.


