Aller vers : Vos poemes

Pierre LOUŸS (1870-1925)

Recueil : Les Chansons de Bilitis


Chanson

Le premier me donna un collier, un collier de perles qui
vaut une ville, avec les palais et les temples, et les trésors
et les esclaves.

Le second fit pour moi des vers. Il disait que mes cheveux
sont noirs comme ceux de la nuit sur la mer et mes yeux
bleus comme ceux du matin.

Le troisième était si beau que sa mère ne l'embrassait pas
sans rougir. Il mit ses mains sur mes genoux, et ses lèvres
sur mon pied nu.

Toi, tu ne m'as rien dit. Tu ne m'as rien donné, car tu es
pauvre. Et tu n'es pas beau, mais c'est toi que j'aime.